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La bioénergie forestière : comment la forêt québécoise peut contribuer à l’économie et la transition énergétique
Jeudi le 19 novembre 2026
La forêt québécoise représente de tout temps un vecteur important de développement économique et social. Toutefois, le secteur forestier québécois connaît actuellement une crise conjoncturelle importante qui mérite une attention particulière pour maintenir, voire accroître les bénéfices environnementaux, sociaux et économiques qui en découlent. Dans un tel contexte, la bioénergie forestière constitue un levier stratégique d’intérêt pour dynamiser le modèle traditionnel de l’industrie des produits forestiers, diversifier le bouquet énergétique et accroître la résilience de l’écosystème énergétique dans les différentes régions du Québec.
Afin de valoriser optimalement les ressources en biomasse forestières présentes à l’échelle régionale, différentes avenues doivent être envisagées dans le but de lever les barrières associées au déploiement de l’ensemble des maillons de la chaine de valeur.
La session permettra notamment de présenter des enjeux et des solutions associés à la récolte et au conditionnement de la biomasse forestière, aux procédés de transformation visant à répondre aux besoins énergétiques et de décarbonation des acteurs de l’écosystème, ainsi que les enjeux de compétitivité économique des différentes formes de bioénergies forestières en développement.
9 h 10
Approvisionnement en biomasse forestière : défis, leviers et perspectives à l’horizon 2035
Détails de la conférence
La bioénergie forestière au Québec présente un potentiel important pour soutenir la transition énergétique, diversifier les débouchés du secteur forestier et renforcer sa résilience. Ce potentiel prend une importance particulière dans une conjoncture marquée par le différend commercial sur le bois d’œuvre, la faiblesse de certains marchés des pâtes et papiers et l’évolution rapide des marchés mondiaux. La biomasse peut notamment offrir de nouveaux débouchés aux résidus de transformation et de récolte ainsi qu’à certaines essences ou qualités de bois peu valorisées.
Malgré l’abondance apparente de la ressource et la diversité des avenues de transformation, le déploiement de projets bioénergétiques demeure difficile. L’un des principaux obstacles est le coût élevé de la biomasse livrée à l’usine ou au site de conversion. Ce coût résulte de l’interaction de nombreux facteurs : faible densité énergétique, dispersion et variabilité de la ressource, conditions de récolte, besoins de conditionnement, distances de transport, saisonnalité des opérations, exigences de qualité et taux d’utilisation des équipements.
La conférence proposera une lecture structurée de ces facteurs afin d’expliquer d’où découlent ces coûts et pourquoi ils varient d’une chaîne d’approvisionnement à l’autre. Elle présentera également certaines possibilités d’amélioration, dont l’intégration aux opérations forestières existantes, la massification des volumes, la mutualisation des équipements, la réduction des ruptures de charge et une meilleure planification logistique.
Enfin, une réflexion sera proposée sur les conditions permettant à la bioénergie forestière de contribuer pleinement et durablement, à l’horizon 2035, à la diversification industrielle, au développement régional et à la décarbonation du Québec.
10 h 15
BECCS + réseaux de chaleur : comment réduire de 35 % les émissions de GES du Québec, renforcer la sécurité énergétique et réduire les risques de feux de forêt
Détails de la conférence
Le recul du secteur québécois des produits forestiers au cours des 25 dernières années a réduit la consommation d’électricité d’environ 13 TWh par année (~1,7 GW), libérant de l’électricité pour d’autres usages, notamment la production d’aluminium et le chauffage des bâtiments. Ce déclin s’est toutefois accompagné de dizaines de milliers de pertes d’emplois et d’une hausse des risques de feux de forêt.
Alors que le Québec cherche à réduire sa dépendance aux combustibles fossiles importés, ses émissions de GES et sa vulnérabilité aux changements climatiques, le secteur forestier peut jouer un rôle important. Une mobilisation accrue de la biomasse forestière pourrait soutenir la récolte de bois, l’aménagement forestier et la réduction des risques d’incendie.
Une approche clé consiste à combiner la bioénergie avec le captage et le stockage du carbone (BECCS) et les réseaux de chaleur. Une installation de BECCS produit simultanément de l’électricité, de la chaleur et des retraits permanents de CO₂.
Le Québec peut s’inspirer de la Suède, de la Finlande et du Danemark, où les réseaux de chaleur desservent une grande partie de la population et où plusieurs projets de BECCS sont en développement. Comme ces pays nordiques, il est possible d’envisager l’utilisation du stockage géologique du CO₂ en milieu extracôtier, avec la Nouvelle-Écosse comme le site le plus prometteur.
Cette approche pourrait ainsi positionner le Québec comme producteur et exportateur de retraits de CO₂ tout en renforçant la compétitivité de son industrie forestière.
10 h 40
Évaluation technico-économique des filières de conversion de la biomasse forestière
Détails de la conférence
La biomasse forestière peut être convertie en divers produits énergétiques, notamment en carburants de transport, en hydrogène, en biométhane, en granules, en huile de pyrolyse, en chaleur ou en électricité. Ce projet vise à élaborer un cadre technico-économique harmonisé permettant de comparer ces différentes filières à partir d’un pétajoule de biomasse comme base de référence.
Cette analyse évalue les coûts actualisés de production en tenant compte des investissements, des coûts d’exploitation, des besoins énergétiques externes et des coûts d’approvisionnement en biomasse. Les revenus associés aux produits principaux, aux coproduits, à l’électricité et à la chaleur sont également intégrés afin d’estimer la rentabilité de chaque filière.
La sensibilité des résultats est étudiée selon différents scénarios de prix, incluant les prix de marché actuels, les équivalents fossiles, l’application d’une prime à l’énergie renouvelable et la valorisation des émissions de carbone fossile évitées. Le cadre proposé permet de comparer de façon transparente les usages concurrents de la biomasse forestière et d’éclairer les décisions d’allocation des ressources ainsi que l’évaluation des technologies émergentes.