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Résumé:

Mémoire de recherche forestière n° 177

Des éclaircies commerciales ont été pratiquées en Outaouais dans une forêt formée d'une pinède à pin rouge (Pinus resinosa Aiton, PIR) et d'une pinède à pin blanc (Pinus strobus L., PIB) sur des dépôts de surface constitués de sables fins et moyens. Cette forêt est issue d'une coupe à diamètre limite effectuée dans les années 1940, dans laquelle les pins avaient été dégagés du couvert de pin gris (Pinus banksiana Lamb.) et de peupliers (Populus sp.). Le couvert initial de la pinède à pin rouge était formé en majorité de PIR âgés de 50 à 80 ans, alors que celui de la pinède à pin blanc comprenait des PIB en majorité âgés de 90 à 110 ans. La structure diamétrale de ces pinèdes était irrégulière, avec un nombre de tiges décroissant avec l’augmentation du diamètre. Douze parcelles de 1,0 ha et 3 parcelles de 0,5 ha ont été mesurées avant la coupe, immédiatement après la coupe et 10 ans après la coupe. Avant la coupe, les surfaces terrières (ST) des parcelles variaient de 31 à 39 m2/ha, avec 31 à 85 % de PIR et de PIB. Un volume marchand brut de 100 à 200 m3/ha a été prélevé lors de l’éclaircie, et les ST variaient de 13 à 24 m2/ha après la coupe. Dans la pinède à pin blanc, 4 parcelles témoins non éclaircies (ST variant de 35 à 39 m2/ha) ont aussi été établies.

Pinède à pin rouge
L’âge et le diamètre à hauteur de poitrine (DHP) du PIR étaient peu corrélés dans la pinède à pin rouge. Par exemple, les PIR de 80 ans avaient un DHP de 25 à 45 cm. Selon la ST résiduelle, la croissance moyenne en diamètre des PIR a augmenté jusqu’à la classe de DHP de 19–24 ou de 24–29 cm, puis s’est stabilisée jusqu’à la classe de 34–39 cm. Elle tendait aussi à diminuer avec l’augmentation de la ST totale après la coupe. En moyenne, les PIR dont le DHP initial était de 30 cm ont eu un accroissement de 5,8 cm sur 10 ans dans les parcelles éclaircies à une ST moyenne de 18,4 m2/ha après la coupe, et de 4,7 cm dans celles avec une ST moyenne de 23,5 m2/ha après la coupe. Pour l’ensemble des tiges de DHP > 9,0 cm, la production nette sur 10 ans a varié de 5,2 à 6,0 m2/ha dans les parcelles. Le recrutement en PIR a été pratiquement nul, et la mortalité du PIR a été faible (0 à 0,3 m2/ha). Chez les PIR, les tiges les plus productives, par m2 de ST de PIR, étaient celles de DHP < 25 cm. Ainsi, la ST occupée par ces tiges a influencé la production en PIR de cette pinède à structure irrégulière. Pour toutes les espèces, 10 ans après la coupe, la production nette des tiges de dimension de bois d’oeuvre (DHP > 23,0 cm) a été plus forte (de 6,3 à 7,3 m2/ha selon les parcelles) que celle des tiges de DHP > 9,0 cm. Le volume des PIR de dimension de bois d’oeuvre a atteint ou dépassé celui d’avant la coupe dans 4 des 5 parcelles. Les simulations montrent que pour les deux intensités d’éclaircie, la production nette en PIR de dimension de bois d’oeuvre, 10 ans après la coupe, est sensiblement la même (5,5 m2/ha), lorsqu’elle est estimée avec 80 % de la surface terrière après la coupe en PIR et un rapport de 0,8 de la ST des PIR de DHP > 23,0 cm sur celle des PIR de DHP > 9,0 cm.

Pinède à pin blanc
L’âge et le DHP du PIB étaient très peu corrélés dans la pinède à pin blanc. Par exemple, des PIB de 100 ans et plus avaient un DHP de 15 à 68 cm. Près de 20 % des PIB de DHP < 30 cm étaient cariés, mais aucun PIB de DHP > 45 cm ne montrait de carie. Chez les peupliers, 60 à 100 % des tiges présentaient de la carie dans les classes de DHP de 19–24 à 54–59 cm. La croissance moyenne en diamètre du PIB diminuait avec la ST totale après la coupe. Après 10 ans, pour un DHP de 30 cm, l’accroissement atteignait en moyenne 5,6 cm dans les parcelles éclaircies avec une ST moyenne de 19,1 m2/ha après la coupe, 4,4 cm dans celles avec une ST moyenne de 23,1 m2/ha après la coupe, et 3,3 cm dans les parcelles témoins (ST moyenne de 37,4 m2/ha). La croissance moyenne en diamètre des PIB augmentait avec le DHP. Par exemple, 10 ans après la coupe, dans les parcelles avec une ST de 23,1 m2/ha, elle atteignait 1,3 cm pour les tiges de la classe de DHP de 14–19 cm et 5,0 cm pour celle de 39–44 cm. Le PIB a montré de meilleurs accroissements en diamètre que le peuplier à grandes dents (Populus grandidentata Michx.). Sa croissance n’a pas été influencée par la proportion de peupliers, même si elle semble l’avoir été dans le passé. Chez les petites tiges, le hêtre à grandes feuilles (Fagus grandifolia Ehrh.) et le chêne rouge (Quercus rubra L.) montrent les plus fortes croissances en diamètre, alors que le PIB affiche une croissance parmi les plus faibles. Une production nette de 1,8 à 5,2 m2/ha a été observée, 10 ans après la coupe, pour l’ensemble des tiges de DHP > 9,0 cm dans la pinède à pin blanc. Le recrutement en PIB a été minime, et la mortalité du PIB a généralement varié de 0,2 à 0,5 m2/ha dans les parcelles éclaircies et de 0,8 à 1,0 m2/ha dans les parcelles témoins. La production des PIB par m2 de ST de PIB a augmenté avec le DHP jusqu’à la classe de DHP de 29–34 cm, pour ensuite tendre à diminuer ou à se stabiliser.

Secteur(s): 

Forêts

Catégorie(s): 

Mémoire de recherche forestière

Thème(s): 

Forêts, Recherche forestière, Sylviculture

Auteur(s) ministériel(s): 

Auteur(s):

GODBOUT, Christian

Année de publication:

2016

Format:

PDF

ISBN:

978-2-550-75914-0

ISSN:

1182-3912

Mot(s) clé(s):

croissance, éclaircie commerciale, Pinus strobus, pinus resinosa, pin blanc, pin rouge, rendement, sylviculture et rendement des forêts naturelles - peuplements feuillus, mémoire de recherche forestière