Résumé:
Mémoire de recherche forestière n° 74
Compenser les pertes due à la tordeuse signifie augmenter la production des peuplements qui ne sont pas ou qui sont peu susceptibles d'être attaqués dans le but de combler, en tout ou en partie, les pertes causées par une épidémie. Cette augmentation de production est obtenue grâce à l'aménagement intensif des peuplements peu ou pas susceptibles. Du point de vue économique, la compensation ne vise pas nécessairement à rattraper le volume ligneux perdu, mais plutôt à compenser la valeur monétaire de la perte physique, afin de maintenir la part du secteur forestier dans l'activité économique. En pratique, on peut définir deux genres de compensation, soit la compensation dans les secteurs où l'activité économique a été ralentie à cause de la tordeuse (pâte et sciage résineux), soit la compensation dans les autres domaines de la transformation du bois en augmentant l'activité économique de ces domaines (déroulage, sciage et pâte feuillue, etc.). Théoriquement, tous les traitements sylvicoles peuvent servir comme modalités de compensation, pourvu qu'ils soient rentables. En pratique, il est préférable de choisir des traitements qui favorisent une disponibilité accrue de matière ligneuse à court ou à moyen terme (en général 40 ans). Les essences soumises à l'aménagement pour fins de compensation doivent nécessairement être non susceptibles à la tordeuse. De plus, elles doivent être recherchées, c'est-à-dire qu'un débouché lucratif doit leur être assuré.
On a calculé les pertes de l'État (pertes directes et indirectes) qui auraient pu être compensées si un programme de compensation avait été instauré dès le début de l'épidémie des années 70, sur le territoire des unités de gestion 72 et 76 (Basse et Haute Gatineau). Dans ce programme, seules trois modalités de compensation ont été retenues, soit la fertilisation, l'éclaircie commerciale et la plantation. Sur des pertes prévues de 60 710 000$ (en dollars de 1978, pertes non actualisées) échelonnées au cours des 40 années qui suivent le début de l'épidémie, on a estimé à 44 260 000$ les pertes qui auraient pu être compensées par l'application de ce programme. Ceci correspond à 73 p. 100 des pertes totales dues à l'épidémie. Une partie importante de ces pertes, soit 43 p. 100 (26 250 000$), aurait pu être compensée directement en pâte résineuse, tandis que 30 p. 100 (17 910 000$) aurait été comblé par la production de bois d'œuvre de pin blanc, de pin rouge, de bouleau jaune et d'érable à sucre. L'application d'un tel programme de compensation aurait nécessité un investissement de l'ordre de 10 412 000$ au cours des années 1969 et 1998.
Fichier:
Secteur(s):
Forêts
Catégorie(s):
Mémoire de recherche forestière
Thème(s):
Forêts, Recherche forestière
Auteur(s):
POULIN, Henriel, Germain PARÉ et Dominic MÉNARD
Année de publication:
1981
Format:
ISBN:
2-550-02357-9
Mot(s) clé(s):
insecte, aménagement forestier, conifère, tordeuse des bourgeons de l'épinette, Choristoneura fumiferana, compensation des pertes, analyse économique, rentabilité, feuillu, traitement sylvicole, éclaircie précommerciale, brûlage, mémoire de recherche forestière