Migration des oiseaux du Québec
Le phénomène de la migration est l’apanage d’une grande variété d’espèces animales dans le monde. Autant des oiseaux, des mammifères, des poissons et même des insectes exécutent des déplacements plus ou moins importants afin de trouver des habitats convenables pour l’alimentation, la reproduction ou l’hivernage. Toutefois, c’est dans le monde des oiseaux que ce phénomène est le plus important et le mieux connu.
La position nordique du Québec a mené les oiseaux qui fréquentent notre territoire à utiliser leurs habitats comme sites de reproduction et d’élevage des jeunes en été, et à se déplacer généralement vers le sud pour l’hivernage.
On retrouve au Québec 326 espèces d’oiseaux, dont 232 sont classées comme effectuant des migrations. Ce groupe comprend, entre autres, les canards et les oies, les oiseaux marins et les passereaux.
Les espèces sédentaires sont surtout de la famille des gallinacés (ex. : perdrix), des rapaces, des pics et d’autres espèces bien connues autour des mangeoires.
Les oiseaux du Québec migrent dans différentes directions :
- généralement vers le sud. Ils hivernent de la Nouvelle-Angleterre jusqu’à l’extrémité de l’Amérique du Sud, mais plus particulièrement dans le sud des États-Unis et au Mexique;
- d’autres espèces «excentriques» se rendent même dans l’ouest de l’Europe (Islande, Royaume-Uni).
Promiscuité inévitable
Lors de leur migration, les oiseaux utilisent des corridors de déplacement localisés. Certaines espèces du Québec utilisent le corridor Atlantique, joignant alors les oiseaux des provinces maritimes et de la Nouvelle-Angleterre, alors que d’autres empruntent le corridor du Mississipi avec les oiseaux du centre du continent.
Au Québec, on retrouve des haltes migratoires d’envergure, telles que celles du Cap Tourmente et du lac Saint-Pierre ainsi que le corridor de déplacement de rapaces de Tadoussac. Dans ces haltes, des concentrations importantes d’oies et de canards (plusieurs milliers voir dizaines de milliers) peuvent être observées lors des migrations. Compte tenu du caractère grégaire de ces animaux, la promiscuité est grande entre les individus.
La migration automnale des oiseaux débute habituellement à la fin de la période d’élevage des oisillons en août et peut s’étendre jusqu’en décembre pour certains rapaces. Le déplacement se fait lentement ou d’un coup sec, selon les espèces et certaines y vont de haltes migratoires d’une certaine durée.
Quelques mois plus tard, les migrations s’inversent. Au début du mois de mars, les premiers migrateurs arrivent au Québec dès que des parcelles d’eau ou de terrain viennent à découvert. Les canards font partie des premières espèces à revenir. D’autres arriveront plus tard en juin, juste à temps pour la nidification.
En vertu des migrations et des déplacements, les oiseaux du Québec sont susceptibles d’entrer en contact avec d’autres populations d’ailleurs dans le monde. Les sites d’hivernage sont habituellement achalandés ce qui favorise les échanges de pathogènes. Diverses maladies peuvent alors se transmettre aux espèces restées en sol québécois lors du retour des migrateurs, le printemps venu.
Les sites d’hivernage du sud des États-Unis, les rivages maritimes le long du golfe du Mexique ainsi que ceux autour des Îles Britanniques sont des sites fréquentés par les oiseaux de toutes les provenances. À l’ouest du continent, certaines espèces peuvent à leur tour migrer vers l’Asie, soit vers le sud ou vers l’ouest. Aussi, certaines populations d’oiseaux de l’Alaska ou du détroit de Béring partagent les mêmes territoires arctiques particulièrement en été.
Passer l’hiver au Québec
Pour certaines espèces comme le harfang des neiges, le sud du Québec représente un site d’hivernage approprié. De même, les parties du fleuve Saint-Laurent libres de glace sont fréquentées par des espèces de canards tolérantes au froid. D’autre part, bien que les effectifs principaux de plusieurs oiseaux migrent vers des cieux plus cléments, des individus de plusieurs espèces se hasardent à hiverner au Québec. Ainsi des canards trouvent des trous d’eau où ils réussissent à hiverner, aidés souvent par des citoyens bien intentionnés qui les nourrissent.
Recommandations pour éviter la transmission de maladies des oiseaux aux humains
Pour éviter la transmission de maladies entre les oiseaux et l’humain, il est préférable de suivre quelques recommandations de base :
- Éviter de toucher aux oiseaux ou leurs déjections à mains nues. Par conséquent, toujours porter des gants ou utiliser des sacs de plastique lors de la manipulation ou du nettoyage des mangeoires ainsi que lors du nourrissage des oiseaux.
- Maintenir les mangeoires propres en tout temps en les nettoyant avec une mélange d’eau et d’eau de Javel : 15 millilitres d’eau de Javel dans un litre d’eau tiède.
- Cesser temporairement de nourrir les oiseaux lorsque vous observez des oiseaux malades ou de la mortalité. Vous devrez alors désinfecter les mangeoires et jeter les graines qu’elles contenaient.
Responsabilités
La responsabilité légale des oiseaux est partagée au Canada. Ainsi un groupe d’espèces migratrices fait l’objet de la Loi sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs (adoptée en 1917). Considérant la responsabilité internationale du gouvernement fédéral, la gestion de ces espèces (ex. : oies, canards, passereaux et autres) relève d’Environnement Canada (Service canadien de la faune). La majorité des espèces que l’on retrouve au Québec sont identifiées à titre d’espèces couvertes par cette convention et sont conséquemment sous la responsabilité fédérale.
La responsabilité du gouvernement du Québec couvre les autres espèces non citées à la convention ainsi que les habitats de toutes les espèces d’oiseaux. Ainsi les groupes d’espèces comme les gallinacés (ex. : perdrix), les oiseaux noirs (ex. : corneilles, étourneaux, quiscales et geai), les rapaces (ex. : aigles, hiboux, buses et faucons) et d’autres, relèvent de la gestion du ministère des Ressources naturelles et de la Faune. Compte tenu de la responsabilité du Ministère dans la gestion de la chasse, celle des oies et des canards nécessite aussi l’émission d’un permis de chasse provincial.
Voir également
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